Fermeture dans les lycées, VP Lycées, COUAC, absence de concertation, FEADER… Retour sur le CST du 28 mai 2026
Vous le savez, vos représentants du personnel UNSA, particulièrement en forme, étaient intervenus FORTEMENT au CST du 19 mai 2026 en déclaration préalable pour contester vigoureusement le plan secret de fermeture des cuisines dans les lycées produisant moins de 60 000 repas par an (soit environ 300 à 400 repas par jour d’après nos estimations).
La méthode dénoncée : la Région se déplace discrètement dans les lycées, convoque les agents, et leur annonce que leur cuisine fermera au 1er septembre 2027, sans que les représentants du personnel aient jamais été informés, et sans que le projet ait jamais été présenté en instance.
Le seuil des 60 000 repas déclenchant la fermeture avait été maintenu secret.
Exemple concret de fermeture de cuisine fait en catimini : le LPA Albert Schweitzer de Champs-sur-Yonne, 207 lycéens, 31 000 repas par an – cuisine en cours de démantèlement. L’UNSA avait voté contre ce type de projet au CST du 10 mars 2026 et avait soulevé le problème de méthode dès cette date (découverte du projet 1 semaine avant en CDS !).
Le CST du 19 mai a confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé : la Région testait sa méthode lycée par lycée, le plus tard possible, pour mettre tout le monde devant le fait accompli…
Ce jeudi 28 mai, nouveau CST – principalement consacré au recrutement massif de contrats de projet pour la gestion du FEADER à la Région – et la VP RH Myriam Chiappa-Kiger a reconnu sans détour un sérieux problème de méthode.
Elle a découvert les éléments grâce aux informations transmises par l’UNSA après le CST du 19 mai… Elle s’est ensuite rapprochée de son collègue VP lycées pour en savoir davantage.
(Elle a eu plus de chance que nous, car il ne vient pas souvent devant les représentants du personnel au Conseil régional notre VP aux lycées !)
Et donc, c’est encore l’UNSA qui a appris à la VP RH quels lycées étaient concernés.
Elle n’était pas au courant.
Pendant ce temps, le VP lycées Willy Bourgeois envoie directement des courriers aux lycées pour annoncer, en gros, la fermeture de leur unité de restauration – sans passer par les instances, sans en informer sa propre collègue VP RH !
L’information ne circule pas en interne, le VP lycée avance dans son coin, et les représentants du personnel apprennent les choses avant l’administration elle-même…
Un mot sur les éléments de langage du directeur des lycées en séance (qui parlait donc comme la voix de l’employeur). Pour justifier que les choses avaient bien été portées à la connaissance de tout le monde, il a affirmé que la liste des cuisines dans le viseur de la Région figurait dans le PowerPoint de la réunion du 25 novembre sur la démographie dans les lycées.
On a contesté.
On a insisté.
Et comme on avait internet en séance, on a vérifié en direct. Évidemment : cette liste n’y figure nulle part.
La réunion du 25 novembre portait sur la démographie scolaire – pas sur la fermeture des unités de restauration. Présenter les choses autrement, c’est réécrire l’histoire.
Et aussi, on a aussi senti le malaise du directeur des lycées en séance. Vous savez, ce n’est pas un novice : représentant de l’employeur dans les instances depuis des années, il connaît parfaitement le fonctionnement du dialogue social et ce qu’on est en droit d’attendre en matière d’information préalable des représentants du personnel. Et pourtant, il a reconnu s’être appuyé, pour mettre en oeuvre les fermetures, sur un courrier signé par le VP lycées Willy Bourgeois et envoyé directement aux lycées concernés.
Un courrier.
Envoyé aux lycées.
Sans passer par les instances.

Sans en informer les représentants du personnel. Sans en informer apparemment la VP RH elle-même. Tout le problème de méthode est là, résumé en un document.
Donc CARTON ROUGE. Ils sont 100% en faute et l’UNSA avait raison d’alerter sur ce qui se passait !
La suite du CST ?
L’UNSA a été constructive pour sortir de l’impasse.
Après avoir reconnu, à leur manière, que la méthode n’avait pas été la bonne, la VP RH Myriam Chiappa-Kiger et le DGS Philippe Menut ont saisi l’ouverture proposée par l’UNSA. Ils proposent de rattraper le coup en organisant, à notre demande, une réunion sur la méthode. Pas de décision avant un accord de méthode.
Alors, vous vous dites : ils s’en sortent bien ! Pourquoi l’UNSA ne leur a pas davantage volé dans les plumes ?
D’abord, parce que le principal responsable du fiasco, Willy Bourgeois VP lycées, était absent (comme d’habitude. Oui je sais c’est facile mais c’est quand même une réalité !). Et pour aggraver son cas, il n’a pas jugé utile de contacter par exemple l’UNSA entre les 2 CST pour s’expliquer, encore moins pour s’excuser du problème de méthode – qui n’était pas ce qui avait été convenu le 25 novembre, à l’occasion d’une réunion sur la démographie dans les lycées organisée à notre demande, et pour laquelle nous n’avons évidemment jamais eu le moindre remerciement.
Ensuite parce qu’il y a un vrai malaise à accabler le directeur des lycées, qui se retrouve en première ligne à la place de l’élu.
Rappelons-le : cet agent est fonctionnaire comme nous. C’est un collègue. Il est désigné par le Président du Conseil régional pour le représenter au CST au même niveau que le VP Lycées mais… le directeur des lycées c’est lui qui prépare les courriers qu’il fait ensuite signer au VP lycées. Gros mélange. Il endosse donc en séance un rôle « politique » qui n’est normalement pas le sien, et se retrouve à répondre de décisions qu’il n’a pas prises.
Alors, on peut aussi se demander si ce n’est pas là une stratégie délibérée de certains élus : envoyer des fonctionnaires les représenter en instance pour amortir les échanges difficiles. Avec un élu, on peut avoir le débat, exiger des arbitrages, mettre en cause des choix politiques. Avec un collègue fonctionnaire, même désigné représentant de l’employeur, le registre est forcément différent. On ne peut pas lui reprocher les décisions qu’on lui a demandé de porter. C’est confortable pour l’élu. Beaucoup moins pour tout le monde.
Voilà, vous connaissez à peu près tout sur ce dossier !
Sinon, dossier à l’ordre du jour : Contrats de projet – Rapport FEADER
Rappel du cadre juridique : quand une collectivité a besoin de recruter et qu’aucun fonctionnaire n’est disponible, elle peut recruter un agent contractuel sur un contrat sécurisé – 3 ans renouvelable une fois, puis possibilité de CDI après 6 ans.
C’est la voie pour un contractuel.
Les contrats de projet, c’est autre chose.
Ce sont des contrats précaires.
À l’issue du contrat, l’agent ne peut pas prétendre au CDI – les années effectuées en contrat de projet ne comptent pas dans le calcul des 6 ans (article L.332-10 du CGFP). La seule porte de sortie pour se stabiliser : passer le concours. Mais là encore, problème bien connu : la reprise d’ancienneté professionnelle des contractuels n’est jamais reprise à 100% lors d’une titularisation. Des années de bons et loyaux services, perdues.
La Région recrute massivement en contrats de projet pour gérer le FEADER, alors qu’elle devrait ouvrir des postes de fonctionnaires titulaires, ou à défaut de trouver le fonctionnaire correspondant au poste, des contrats “classiques” offrant une vraie perspective de CDI (3 + 3 = cdi si renouvellement).
L’UNSA a indiqué qu’elle ne voterait pour le rapport qu’à la condition qu’un engagement soit pris sur la reprise intégrale de l’ancienneté des agents en contrat de projet. Notre proposition a été balayée d’un revers de main. Nous avons voté contre, avec FO.
La CGT, très vindicative en début de séance sur les contrats précaires, et les sans étiquette FAFPT ont quant à eux choisi l’abstention, laissant ainsi passer le projet sans le bloquer. Le grand écart entre le discours et le vote n’aura échappé à personne.
Questions diverses
Formation – Avance sur frais
La VP RH a demandé à l’administration d’accélérer sur le dossier de l’avance sur frais de formation des agents.
Lycée les Haberges (Vesoul)
- Visite du Président du CRBFC Jérôme Durain aux Haberges le vendredi 29 mai 2026 annonces attendues.
- Expertises géotechniques prévues au 1er trimestre 2027.
- Comité de suivi du lycée = conseil d’administration du lycée, complété de représentants des collectivités locales concernées + Membre du Rectorat en plus
- Objectif affiché par la Région : rénover le lycée (pas de fermeture définitive, sauf si rapport “Expertises géotechniques” négatif.
- Dispositif de suivi psychologique mis en place pour la communauté scolaire.
Déclaration préalable de l’UNSA CST du 19 mai 2026 : L’UNSA découvre un plan secret de démantèlement des services de restauration des lycées de la Région
Nos collègues nous alertent.
Un lycée, deux lycées, trois lycées… La Région se déplace discrètement, convoque les agents, et leur annonce que leur cuisine fermera au 1er septembre 2027. C’est ainsi, pas autrement. Merci de vous organiser et de collaborer dans un bon état d’esprit. On délocalise la production. Des camions viendront vider votre cuisine et emporter le matériel vers un lycée plus gros.
Les représentants du personnel ? Pas informés. Le projet de la Région ? Jamais présenté en instance. Le seuil des 60 000 repas par an en dessous duquel on ferme la cuisine ? Secret.
Et pourtant il existe, ce plan.
« le CR a décidé de mutualiser les structures servant moins de 60 000 repas par an ».
Qu’est-ce que 60 000 repas par an ?
C’est entre 300 et 400 repas par jour. Exemple, le LPA Albert Schweitzer de Champs-sur-Yonne : 207 lycéens, 31 000 repas par an, sa cuisine est en cours de démantèlement.
L’UNSA avait voté contre ce projet au CST du 10 mars 2026, déjà scandalisée qu’un tel dossier arrive en instance sans aucune concertation préalable. Nous comprenons aujourd’hui que ce n’était pas un cas isolé, c’était le pot aux roses. La Région testait sa méthode : présenter les dossiers lycée par lycée, le plus tard possible, pour mettre tout le monde devant le fait accompli.
Derrière ce seuil, c’est un modèle industriel qui se dessine. Une cuisine centrale dans un gros lycée qui produit massivement. Des agents “livreurs” qui sillonnent les routes en camion de livraison.
Et dans les lycées satellites (qui perdent leurs cuisines), le service général qui se retrouve à faire un métier qui n’est pas le sien : en plus du ménage, de l’accueil, il faut contrôler, réchauffer et distribuer des repas matin, midi et soir, avec inévitablement des horaires en coupure imposés par les livraisons, parce qu’un interne doit bien être servi même si le poste de cuisinier est supprimé.
Les cuisiniers ne cuisinent plus. Les agents du service général deviennent des agents ultra-polyvalents de réchauffage. Et les lycéens ? Ils ne mangent plus des repas frais produits sur place par des professionnels qui connaissent leur établissement et leurs élèves.
Et concrètement, qu’est-ce que ça change dans l’assiette de nos élèves ? Tout.
La liaison chaude (transport de repas déjà cuisinés) impose des contraintes sanitaires strictes : les plats doivent rester obligatoirement au-dessus de 63°C pendant tout le transport pour éviter la prolifération bactérienne et le risque d’intoxication alimentaire. En dessous, c’est le danger.
Ce n’est pas une question de confort, c’est une obligation réglementaire. Cela exclut de fait toute une catégorie de préparations qui ne supportent pas d’être maintenues aussi longtemps à cette température.
La liaison froide, cuisson la veille, refroidissement rapide, transport, réchauffage sur place, impose un protocole HACCP encore plus contraignant et dégrade inévitablement la texture et le goût des aliments.
Et qui sera responsable de ce réchauffage sur place ?
Un cuisinier ? Un chef de cuisine ? Dans un lycée sans cuisine ? Non, plutôt un agent du service général, dont ce n’est ni le métier, ni la formation, ni la rémunération. C’est pourtant lui qui devra garantir que le repas est servi à la bonne température, dans les bonnes conditions sanitaires et c’est lui qui portera évidemment la responsabilité en cas de problème. Sans la qualification, sans la prime, mais avec toute la responsabilité.
Et alors, il y aura toujours des frites ? Impossible, on ne réchauffe pas des frites en cantine, elles arrivent molles. Un gratin doré, une viande saisie, un poisson croustillant… Même problème. Ce sont des repas standardisés, uniformes, produits en grande quantité et réchauffés à distance qui remplaceront les repas cuisinés sur place par des professionnels qui connaissent leurs élèves et leur lycée. Perte de qualification, perte de compétences, perte de qualité pour les agents comme pour les lycéens.
Sur environ 120 services de restauration en BFC, avec ce seuil, ce sont plusieurs dizaines d’établissements qui sont dans le viseur, chaque petit lycée professionnel, chaque LEGTA rural.
Lycée Prévert à Dole : on ferme. LEGTA Félix Kir à Plombières : on ferme, le 2 juin, une réunion est prévue pour expliquer aux agents comment ça va bien se passer. Nodier. Crotenay. Combien d’autres ont déjà reçu la visite de la Région sans que nous en soyons informés ?
Pour l’UNSA, c’est illégal. L’article L. 253-5 du Code général de la fonction publique est sans ambiguïté : toute question relative à l’organisation et au fonctionnement des services relève de la compétence du comité social territorial.
Le CST aurait dû être saisi en premier. Il n’est même pas informé. Ce qui se passe aujourd’hui est totalement à l’encontre des engagements de concertation, de transparence et d’écoute que le vice-président chargé des lycées a pris. L’UNSA a entendu ces engagements. Elle les a pris au sérieux. Elle y a cru. Et pendant ce temps, dans les coulisses, la Région organisait à sa demande des tournées discrètes dans les établissements, annonçait des fermetures aux agents, planifiait le démantèlement des cuisines sans un mot aux organisations syndicales, sans un dossier en instance, sans une seule réunion de concertation préalable. Les beaux discours sur le dialogue social d’un côté. Les camions qui viennent vider les cuisines de l’autre. C’est lamentable.
L’UNSA exige :
- L’arrêt immédiat de toutes les réunions d’annonce aux agents, à commencer par celle du 2 juin au lycée Félix Kir (21). On ne présente pas aux agents l’organisation d’une décision que les instances n’ont pas validée.
- Un moratoire total et immédiat sur toute fermeture de cuisine dans les lycées de Bourgogne-Franche-Comté jusqu’à ce qu’un dossier complet et argumenté par établissement ait été présenté, débattu, enrichi des propositions des agents concernés et soumis au vote des représentants du personnel.



