Les 128 lycées fermés le 6 octobre ???
Dans cette vidéo, je vous parle de la mobilisation du mardi 6 octobre 2026, et je réponds simplement aux questions que vous êtes nombreux à me poser : qu’est-ce qui se passe exactement, est-ce qu’on peut faire grève, et pourquoi cette mobilisation ? Notre administration elle-même a envoyé un mail pour savoir si les agents allaient faire grève le 6 octobre. Alors faisons le point.
Au départ, c’est un mouvement lycéen et étudiant. Depuis plusieurs jours, nos jeunes se mobilisent partout en France. Pourquoi ? Pour des raisons que l’on connaît par cœur : des professeurs absents et non remplacés, des classes surchargées, toujours à 30 ou 32 élèves, un manque de personnel. On nous dit à la télévision que ça change, mais ça ne change jamais. Il y a aussi Parcoursup, qui est une catastrophe, les conditions d’études, et plus globalement une vraie inquiétude pour leur avenir. On les comprend.
Le mouvement a pris une autre dimension quand les organisations nationales de l’éducation, dont l’UNSA Éducation, ont officiellement soutenu les lycéens et appelé les personnels à se mobiliser massivement le mardi 6 octobre, y compris par la grève.
En Côte-d’Or, l’UNSA Éducation Côte-d’Or appelle aussi à la grève : assemblée générale le 6 octobre à 9 h à la Bourse du travail de Dijon, puis rassemblement à 14 h devant le rectorat.
Et nous, agents territoriaux du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté ? Ce mouvement n’est pas si éloigné de notre quotidien. Les lycées sont une compétence de la Région, et ce sont les agents du Conseil régional qui les font fonctionner chaque jour. Il existe bien des préavis nationaux qui couvrent les agents territoriaux le 6 octobre. Donc oui, si vous voulez faire grève ce jour-là, vous êtes couverts.
Cette mobilisation pose aussi des questions beaucoup plus profondes. Je le redis clairement : nous condamnons toutes les violences physiques. Mais il faut aussi parler des autres violences. La violence sociale. La violence de ne pas réussir à vivre correctement de son travail : les jeunes sont inquiets pour leur avenir, et nous, salariés, nous n’arrivons plus à vivre de notre travail. La violence de voir les services publics se dégrader.
Et il y a une violence que les représentants du personnel connaissent bien : celle d’un dialogue social qui ne fonctionne plus. Au Conseil régional, nous passons des dizaines, des centaines d’heures en réunion, en groupe de travail, en CST, en F3SCT, en CDS. Nous préparons les dossiers, nous proposons, nous alertons, nous disons « surtout ne faites pas ça ».
Et trop souvent, pour obtenir une avancée pour les agents, il faut construire un rapport de force considérable : pétition, mobilisation, communication, grève, et beaucoup d’énergie, juste pour faire entendre raison.
C’est là tout le paradoxe. Notre démocratie demande, à juste titre, aux citoyens, aux jeunes et aux salariés d’utiliser des moyens pacifiques et démocratiques pour se faire entendre. Mais si l’on utilise ces moyens et que rien ne change, si une pétition signée par des centaines de milliers de personnes ne change rien, si manifester pacifiquement ne change rien, si dix réunions de dialogue social sur les lignes directrices de gestion ne changent rien, alors on fabrique de l’impuissance, de la défiance, et finalement de la colère.
Cela ne justifiera jamais la violence physique. Mais cela oblige ceux qui exercent le pouvoir à se poser une question : comment voulez-vous que les jeunes, les salariés, les citoyens continuent à croire au dialogue si leur parole ne peut jamais changer une décision ? Un vrai dialogue social, ce n’est pas nous laisser parler, parler, parler, nous user, avant de faire exactement ce qui était prévu. Dirigeants, en France comme au Conseil régional : acceptez que la parole des agents et de leurs représentants puisse réellement changer une mauvaise décision.
À noter aussi : la FCPE, première fédération de parents d’élèves, appelle également à se mobiliser le 6 octobre.
Informations à jour au 5 octobre 2026 à 8h19 !