|

Primes : comment on a fait sauter les verrous et obtenu le maximum đŸ’„ pour les agents

Hausse des primes des agents au Conseil rĂ©gional de Bourgogne-Franche-ComtĂ©: comment on a fait sauter les verrous et obtenu le maximum đŸ’„ pour les agents —

Dans cette vidĂ©o, je vous parle de notre mobilisation syndicale intense depuis la fin de l’annĂ©e 2025 et ce dĂ©but 2026 pour obtenir une hausse des primes des agents du Conseil rĂ©gional de Bourgogne-Franche-ComtĂ©. (Je parle bien des primes. Pas du traitement indiciaire).

Dans la dĂ©libĂ©ration adoptĂ©e au 1er juillet 2023, qui a refondu le rĂ©gime indemnitaire, il est Ă©crit Ă  l’article 11 qu’une réévaluation des montants d’IFSE doit ĂȘtre examinĂ©e tous les trois ans, par groupe de fonctions, aprĂšs nĂ©gociation avec les organisations syndicales. Cette dĂ©libĂ©ration fixe des bornes claires : pour certains groupes, une hausse comprise entre 1 % minimum et 3 % maximum ; pour d’autres, une hausse automatique minimale de 2 %, pouvant aller jusqu’à 4 %. DĂšs la rentrĂ©e de septembre 2025, Ă  l’UNSA, nous avons demandĂ© d’anticiper cette Ă©chĂ©ance.

Une premiĂšre rĂ©union a eu lieu en dĂ©cembre 2025 avec le nouveau directeur gĂ©nĂ©ral des services. À ce stade, notre stratĂ©gie n’était pas de discuter immĂ©diatement des pourcentages. Le DGS nous a indiquĂ© que ce point serait traitĂ© avec la vice-prĂ©sidente RH lors de la rĂ©union du 3 fĂ©vrier 2026. Notre prioritĂ© Ă©tait ailleurs : faire sauter les verrous introduits en 2023 par l’ancienne Ă©quipe de PrĂ©sidence et de direction gĂ©nĂ©rale des services. Ces verrous conditionnaient la hausse de l’IFSE Ă  l’apprĂ©ciation du supĂ©rieur hiĂ©rarchique sur 4 critĂšres cumulatifs : acquisition de compĂ©tences par la pratique, Ă©largissement des compĂ©tences, approfondissement des savoirs, consolidation des connaissances sur les 3 derniĂšres annĂ©es. ConcrĂštement, si un seul de ces critĂšres n’était pas validĂ©, l’encadrant pouvait bloquer la revalorisation, mĂȘme si une hausse gĂ©nĂ©ralisĂ©e avait Ă©tĂ© nĂ©gociĂ©e.

Pour nous, c’était inacceptable.

Ce que nous avons nĂ©gociĂ© en 2023, c’était une revalorisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de l’IFSE liĂ©e aux fonctions et Ă  l’anciennetĂ© dans le groupe de fonctions, pas une prime Ă  la tĂȘte du client. L’IFSE correspond aux missions exercĂ©es. Si un agent est dans son groupe de fonctions depuis trois ans, il doit bĂ©nĂ©ficier de la hausse nĂ©gociĂ©e.

Ce message a Ă©tĂ© clairement portĂ© par l’UNSA en commission de dialogue social en dĂ©cembre, et il a Ă©tĂ© entendu. Nous avons eu une Ă©coute attentive du nouveau DGS. Le 3 fĂ©vrier 2026, la vice-prĂ©sidente RH nous a indiquĂ© qu’elle partageait nos arguments et qu’elle ne souhaitait pas conditionner la hausse de l’IFSE Ă  un avis hiĂ©rarchique potentiellement bloquant. Le DGS s’est engagĂ© Ă  sĂ©curiser juridiquement le dispositif sans ajouter de complexitĂ© inutile.

Nous sommes alors entrĂ©s dans le cƓur du sujet : le pourcentage de revalorisation.

đŸ’Ș đŸ’Ș đŸ’Ș đŸ’Ș

Nous avions prĂ©parĂ© nos arguments. MĂȘme une application des taux maximum prĂ©vus par la dĂ©libĂ©ration – 4 % pour certains groupes, 3 % pour les autres – reprĂ©sente un coĂ»t limitĂ© pour la collectivitĂ© au regard d’un budget global proche de 2 milliards d’euros. Nos simulations, basĂ©es sur les donnĂ©es 2024, estimaient le coĂ»t entre 800 000 et 900 000 euros en annĂ©e pleine. 2Ăšme argument : l’inflation. Entre juillet 2023 et janvier 2026, elle atteint environ 2,74 %. Autrement dit, ne pas appliquer au moins 2,74 % de hausse reviendrait, concrĂštement, Ă  faire perdre du pouvoir d’achat aux agents. La vice-prĂ©sidente RH a dĂ©butĂ© la rĂ©union du 3 fĂ©vrier en annonçant qu’elle Ă©tait favorable Ă  une hausse Ă  4 % pour les groupes de fonctions de catĂ©gorie C.

Mais nous avons compris qu’elle hĂ©sitait Ă  aller au maximum pour les autres groupes.

Nous avons posĂ© les chiffres, rappelĂ© l’esprit de la dĂ©libĂ©ration et insistĂ© sur l’enjeu d’équitĂ© entre les agents.

À l’issue de la rĂ©union, elle s’est rangĂ©e derriĂšre nos arguments et s’est engagĂ©e Ă  aller voir le prĂ©sident du Conseil rĂ©gional pour dĂ©fendre, devant le CST du 10 mars, une revalorisation au maximum des taux autorisĂ©s par les textes. Bilan syndical clair. Premier point obtenu : pas de conditionnement de la hausse Ă  un avis hiĂ©rarchique bloquant, en dehors de situations exceptionnelles Ă©videntes. DeuxiĂšme point : une revalorisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de l’IFSE au maximum prĂ©vu par la dĂ©libĂ©ration. TroisiĂšme revendication non obtenue : l’effet rĂ©troactif de la hausse au 1er janvier 2026. Cette demande a Ă©tĂ© refusĂ©e par la vice-prĂ©sidente.

Deux points sur trois.

La balle est dĂ©sormais dans le camp du prĂ©sident du Conseil rĂ©gional. La vice-prĂ©sidente RH, Myriam Chiappa Kiger, s’est engagĂ©e devant nous Ă  porter cette position et Ă  dĂ©fendre ces arguments syndicaux. Le rendez-vous dĂ©cisif, c’est le CST du 10 mars. C’est Ă  ce moment-lĂ  que nous saurons si le prĂ©sident valide ou non les taux maximum. En tout cas, nous avons obtenu des avancĂ©es importantes, et nous continuerons Ă  dĂ©fendre, avec constance et dĂ©termination, le pouvoir d’achat et la reconnaissance des agents.

Merci Ă  Mme la Vice-prĂ©sidente aux Ressources humaines et au dialogue social pour l’écoute et l’engagement pris !

A lire aussi —