ALERTE đš Avancement au grade de technicien territorial au titre de lâannĂ©e 2023
Pendant les vacances dâoctobre, plusieurs dâentre vous ont reçu un courrier de la DRH concernant la reprise de la procĂ©dure dâavancement au grade de technicien territorial au titre de lâannĂ©e 2023. Il faut vraiment que chacun comprenne lâenjeu.
Un courageux agent a contestĂ© sa non-inscription sur la liste dâaptitude 2023 devant le tribunal administratif de Dijon. Le 10 juin 2025, le tribunal a donnĂ© raison aux arguments de notre collĂšgue et a enjoint la RĂ©gion de reprendre toute la procĂ©dure, en rĂ©examinant les dossiers avec des critĂšres enfin objectifs et conformes Ă la Loi.
Dans certains cas, le courrier que vous avez reçu indique que, sauf avis contraire de votre part, la DRH va rĂ©utiliser votre formulaire dâavancement de 2023 dans la nouvelle procĂ©dure engagĂ©e en 2025. Autrement dit, si en 2023 vous nâaviez pas souhaitĂ© concourir, les services considĂ©reront que vous ne souhaitez toujours pas concourir, sauf si vous le dites explicitement.
Dans dâautres courriers adressĂ©s aux agents, la RĂ©gion explique que, pour celles et ceux qui avaient formulĂ© en 2023 le souhait de concourir pour la promotion au grade de technicien territorial, les services vont simplement reprendre les mĂȘmes formulaires et les mettre Ă jour. LĂ aussi, soyez vigilants !
Ne vous laissez pas faire ! Une nouvelle procĂ©dure est ouverte parce que le tribunal a annulĂ© toute la campagne dâavancement 2023 et a imposĂ© Ă la collectivitĂ© de rĂ©examiner les dossiers avec des critĂšres lĂ©gaux et objectifs. Si vous avez aujourdâhui une nouvelle chance de concourir pour devenir technicien territorial, il faut la saisir. Si vous souhaitez modifier votre Ă©valuation, ajouter un mot de soutien de votre encadrant… faites-le savoir clairement Ă la DRH !
Pour mĂ©moire, sur ce dossier, lâUNSA a adressĂ© au prĂ©sident du Conseil rĂ©gional un courrier argumentĂ©, avec des propositions sĂ©rieuses. Ce courrier est, lui aussi, restĂ© sans rĂ©ponse Ă ce jour. Je vous remets le courrier dans son intĂ©gralitĂ©. Il est un peu long, mais vous y trouverez toute la situation ainsi que les propositions de lâUNSA.
Monsieur le Président,
Par un jugement du 10 juin 2025, tribunal administratif de Dijon a annulĂ© la liste dâaptitude au cadre dâemplois des techniciens territoriaux 2023, ainsi que, par voie de consĂ©quence, les arrĂȘtĂ©s nommant deux agents en qualitĂ© de techniciens.
Il a enjoint Ă la RĂ©gion de reprendre lâĂ©tablissement des rapports de promotion interne et de statuer Ă nouveau sur la liste dâaptitude au titre de 2023 dans un dĂ©lai de quatre mois (avant le 10 octobre 2025). Il est essentiel de souligner que ce jugement ne prescrit en aucun cas la rĂ©trogradation des agents concernĂ©s.
Le tribunal ne remet pas en cause leur nomination en tant que telle : il demande de rĂ©examiner la procĂ©dure au regard de critĂšres rĂ©guliers, lâoutil dâapprĂ©ciation initial ayant Ă©tĂ© jugĂ© entachĂ© dâerreur.
Or, les deux collĂšgues promus en 2023 lâont Ă©tĂ© au terme dâune procĂ©dure quâils pouvaient lĂ©gitimement considĂ©rer comme rĂ©guliĂšre, et ont exercĂ© leurs fonctions en toute bonne foi. Leur nomination constitue un acte administratif crĂ©ateur de droits. ConformĂ©ment Ă la jurisprudence du Conseil dâĂtat (arrĂȘt A., confirmant lâarrĂȘt Ternon), un tel acte ne peut ĂȘtre retirĂ© au-delĂ du dĂ©lai de quatre mois, sauf fraude â ce qui nâest Ă©videmment pas le cas. PassĂ© ce dĂ©lai, mĂȘme en prĂ©sence dâune illĂ©galitĂ© initiale, les effets de lâacte ne peuvent plus ĂȘtre retirĂ©s Ă son bĂ©nĂ©ficiaire.
Dans ce cadre, la seule solution conforme au droit et Ă lâĂ©quitĂ© consiste Ă maintenir les deux collĂšgues dĂ©jĂ promus dans le grade de technicien et, parallĂšlement, Ă procĂ©der au rĂ©examen des candidatures Ă©ligibles pour 2023 en appliquant les nouveaux critĂšres rĂ©guliers. Ce rĂ©examen doit permettre de promouvoir deux autres collĂšgues au titre de la mĂȘme annĂ©e.
Cette proposition portĂ©e par lâUNSA respecte le jugement, protĂšge les droits des agents, permet Ă deux autres collĂšgues dâĂȘtre promus au titre de 2023, et constitue une sortie de crise Ă©quilibrĂ©e, juridiquement sĂ©curisĂ©e et socialement Ă©quitable.
Ă lâinverse, toute autre approche placerait la RĂ©gion dans une situation dĂ©licate sur plusieurs plans.
- Dâabord sur le plan humain, il serait incomprĂ©hensible de retirer leur grade Ă deux agents qui nâont commis aucune faute et ont exercĂ©, en toute loyautĂ©, les missions correspondant Ă leur nouveau grade. Les rĂ©trograder, puis exiger le remboursement des sommes perçues, reviendrait Ă les punir pour une irrĂ©gularitĂ© dont ils ne sont en rien responsables. Cela crĂ©erait un prĂ©cĂ©dent dangereux et affaiblirait encore plus la confiance des agents dans lâĂ©quitĂ© des dĂ©cisions internes.
- Ensuite, il faut rappeler lâenjeu de principe. Un agent a exercĂ© un droit fondamental : contester une dĂ©cision administrative. Il a obtenu gain de cause, et le tribunal a ordonnĂ© Ă la RĂ©gion de revoir ses critĂšres et de reprendre lâexamen des candidatures.Â
Si, aprĂšs cette annulation, la RĂ©gion aboutissait exactement au mĂȘme rĂ©sultat quâen 2023, nous ne serions pas face Ă une exĂ©cution loyale du jugement. La forme elle-mĂȘme ne serait pas respectĂ©e : le rĂ©examen intervient aprĂšs la date limite fixĂ©e par le tribunal, il sâappuie sur une procĂ©dure majoritairement rejetĂ©e par les organisations syndicales, et il est organisĂ© selon des modalitĂ©s simplifiĂ©es rĂ©duisant les chances des agents de concourir Ă©quitablement. Et le fond, lui, resterait inchangĂ©. ConcrĂštement, lâillĂ©galitĂ© reconnue nâaurait produit aucun effet. Autrement dit, un agent pourrait gagner un recours en justice⊠sans que rien ne change rĂ©ellement. Le message serait clair : au Conseil rĂ©gional, contester une dĂ©cision ne servirait Ă rien, puisquâelle pourrait ĂȘtre reproduite Ă lâidentique en en modifiant simplement la forme. Une telle situation dĂ©couragerait lâexercice lĂ©gitime des droits, entamerait la confiance des agents dans lâinstitution et ferait naĂźtre un doute sur la sincĂ©ritĂ© de lâexĂ©cution des dĂ©cisions de justice.
- Enfin, il faut souligner que le tribunal nâa pas annulĂ© la procĂ©dure pour un dĂ©tail technique, mais parce quâil a jugĂ© les critĂšres utilisĂ©s illĂ©gaux. DĂšs lors, aboutir Ă lâissue du rĂ©examen – portant sur prĂšs de 1300 dossiers – aux mĂȘmes deux noms quâen 2023 serait difficilement crĂ©dible. Cela reviendrait Ă considĂ©rer que les critĂšres illĂ©gaux et les critĂšres corrigĂ©s produisent exactement le mĂȘme rĂ©sultat. Ce serait non seulement improbable, mais cela ferait apparaĂźtre la rĂ©vision comme purement formelle. Une telle issue viderait la dĂ©cision du tribunal de tout effet utile, sâapparenterait Ă un contournement – voire Ă un dĂ©ni de justice – et porterait atteinte Ă la crĂ©dibilitĂ© de la collectivitĂ© dans lâapplication loyale des dĂ©cisions juridictionnelles.
LâUNSA vous invite donc Ă :
- adopter un nouvel arrĂȘtĂ© confirmant la nomination de nos 2 collĂšgues dĂ©jĂ promus en 2023. Lâannulation contentieuse de leur arrĂȘtĂ© initial nâemporte pas retrait de droits devenus dĂ©finitifs. Afin dâĂ©viter toute insĂ©curitĂ© juridique et de se conformer pleinement au jugement du 10 juin, il appartient Ă la RĂ©gion de rĂ©affirmer formellement leur nomination ;
- procĂ©der Ă la promotion de 2 autres collĂšgues au grade de technicien, Ă lâissue du rĂ©examen loyal et rĂ©gulier des candidatures au titre de lâannĂ©e 2023.
Cette solution est la seule qui permette dâexĂ©cuter pleinement la dĂ©cision du tribunal, de sĂ©curiser juridiquement la collectivitĂ©, de respecter les agents et de prĂ©server la confiance dans nos institutions.
Monsieur le PrĂ©sident, entendez-nous sur ce dossier comme sur lâensemble de ceux qui touchent les agents du Conseil rĂ©gional : lâUNSA formule des propositions constructives et Ă©quilibrĂ©es, nous vous demandons de les considĂ©rer pleinement dans lâintĂ©rĂȘt du service public et de celles et ceux qui le font vivre au quotidien.
Veuillez agrĂ©er, Monsieur le PrĂ©sident, lâexpression de ma considĂ©ration distinguĂ©e.



