Il y a des choses qui sont insupportables. Et quand elles sont insupportables, il faut les dire.
Déclaration préalable de l’UNSA au CST du 10 mars 2026
Quand un agent tombe malade, il perd 10 % de sa rémunération dès le premier jour. Quand un agent du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté part à la retraite, il part. Il ne reste pas chez lui pendant six mois, payé par la Région, en attendant la date d’effet. Personne ne crée un second poste pour recruter son remplaçant pendant qu’il est encore dans les effectifs. Et s’il lui reste des jours sur son CET, il ne peut même pas se les faire payer. Ça, c’est la règle. Pour tout le monde.
Les règles qui s’imposent aux agents du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté au quotidien cessent de s’appliquer dès qu’on atteint le sommet de la hiérarchie.
À la fin de l’année 2025, l’UNSA avait déjà alerté cette instance de dialogue social sur l’organisation retenue pour la transition à la direction générale des services, qui ne nous semblait pas conforme aux règles. Pour nous, sauf à nous produire le texte de loi qui le permet, il n’est pas possible de maintenir un ancien DGS sur son détachement de DGS tout en recrutant un nouveau directeur général sur un grade de DGA « faisant fonction » de DGS.
Depuis, pas de nouvelle. Jusqu’à ce que, dans le cadre de la préparation des élections professionnelles, nous consultions la liste des agents en poste à la Région pour constituer nos prochaines équipes syndicales : l’ancien DGS figure toujours en position de détachement sur l’emploi fonctionnel de directeur général des services. Son détachement n’a pas été rompu.
Un euro de plus sur les tickets restaurant ? Pas possible. Une prime COVID pour les agents qui ont tenu les lycées ouverts ? Pas possible. Passer tous les agents d’encadrement des lycées en catégorie B ? Pas possible. Un 13e mois ? Toujours pas possible. Jamais possible. Il y a des règles.
Mais permettre à un haut dirigeant de rester DGS du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, de conserver son détachement de DGS et être en même temps, on l’apprend dans la Presse, candidat à une élection politique dans la même région, ça, c’est possible.
Que doivent comprendre les agents du conseil régional ? Que pour certains très hauts dirigeants, on ne va pas chipoter pour quelques semaines ? On ne va pas chipoter pour quelques milliers d’euros de salaire maintenus ? Alors que pour tous les autres, tous les jours, on doit — et c’est bien normal — appliquer les mêmes règles à tous les usagers des services publics délivrés par le conseil régional, que l’on soit puissant ou exécutant.
Il est anormal de créer des règles sur mesure pour certains hauts dirigeants. Ce n’est pas l’esprit du service public, ni celui de l’égalité devant les règles, que les agents du service public régional appliquent chaque jour.

